|
|
Les bijoux à caractère religieux dans le notariat de la communauté de St-Jean-de-Gardonnenque 1700-1793. par Daniel TRAVIER
Les bijoux dans le notariat de Saint-Jean-du-Gard
domaine religieux ou à lappartenance à une confession, portés dans les Cévennes appartiennent à quatre types.
Elle est le symbole par excellence de lEglise Catholique Romaine. Son usage dans cette confession fut considéré par les huguenots comme ayant un caractère essentiellement superstitieux et idolâtre. Pour ne citer quun exemple illustrant ce rôle magique nous ne mentionnerons que les croix protectrices tracées sur les maisons catholiques (1). Ce rejet de la croix latine par le protestantisme fut clairement explicité en 1562, au cours de la Conférence de St-Germain-en-Laye organisée par Catherine de Médicis, où théologiens de la Sorbonne et ministres réformés débattirent sur la matière des "images". Théodore de Bèze soutint lidée que le signe de croix dusage fort ancien, bien quabsent des Ecritures, avait sans doute servi de témoignage extérieur dappartenance à la foi et religion chrétienne avant que son sens ait été dévié et quil devienne geste protecteur à connotation superstitieuse. Bèze dénonça davantage les représentations matérielles de la croix du calvaire, en usage depuis l"invention" des restes de la vraie croix par Hélène, mère de Constantin, en 326, objets dadoration et de culte véritable. Dans la liste de propositions écrites les ministres de la Conférence de St-Germain mentionnèrent à propos de la croix:
La badina, francisé en badine, est un terme occitan qui désigne un bijou et dont les principaux dictionnaires donnent une définition: - Boissier de Sauvages dans son dictionnaire (les 3 éditions: 1756, 1785 et 1820) :
- Mistral dans "Lou tresor dóu félibrige", 1882-1886:
- Dhombres et Charvet dans leur "Dictionnaire Languedocien-Français", Alais, 1884:
La badine est donc un bijou articulé, garni de pierres et nappartenant pas à une confession unique. Sans doute est-il issu de la croix latine. Il sagit de pierreries serties dans du métal, reliées les unes aux autres par des articulations et disposées en forme de croix. Généralement cinq pierres suffisent, et même si celle qui représente le pied de la croix a une forme oblongue, la croix ainsi obtenue séloigne du dessin de la traditionnelle latine. Pour peu que lorfèvre adjoigne des fleurs de lys dans les angles des branches, le bijou na plus de symbolique catholique et pouvait dès lors être porté par les protestantes. Sans doute est-ce ce type de bijou que labbé Valette (cf. infra) nomme "papillon" et quil signale comme parure des riches dames de la plaine? Et pourtant il nest pas spécifiquement protestant, un bijou similaire porte ce nom de "papillon" dans la Provence catholique . (4). Il semble, comme pour le Languedoc, que ces "papillons" soient le plus souvent porté par les classes les plus aisées, " les états les plus relevés" comme lécrit Hippolyte Taine dans son Carnet de voyages, notes sur la province, 1863-1865, publié en 1897 (5)Certaines de ces badines, présentent une face arrière métallique ressemblant étrangement à une croix huguenote. Faut-il, comme le fait Pierre Bourguet (6), rapprocher le terme badina du verbe occitan badinar qui signifie tromper malicieusement, mystifier...?Le vocable badine recouvre-t-il seulement des bijoux dont la forme conserve de près ou de loin quelque analogie avec la croix ou peut-il englober aussi des bijoux rehaussés de pierreries, avec des éléments pendants et mobiles dont la forme serait issue de celle des Saint-Esprit ? Retour au sommaire
Il sagit d une colombe ailes déployées, tête généralement orientée vers le bas. Depuis le récit évangélique, décrivant lEsprit Saint descendant sur Jésus comme une colombe au moment de son baptême par Jean Baptiste, la colombe symbolise le Saint-Esprit dans toute la chrétienté. Toutefois elle peut dégager dautres symboliques. Toujours en référence au texte biblique, la colombe, depuis celle qui rapporta le rameau dolivier à Noé à lissue du déluge, a pu être choisie comme signe de délivrance et de paix. Nous avons rencontré cette allégorie dans les motifs de décoration dune fontaine en cuivre ciselé, du XVIII e siècle dans une vieille famille des Plantiers. Parallèlement à ces symboliques judéo-chrétiennes, la colombe, messagère dAphrodite ou Vénus, a un sens profane lié à lamour. Il nest pas rare de voir, dans une composition très héraldique, un coeur ayant comme supports deux colombes, sculptés en fronton ou sur une traverse haute darmoires de mariage. Toutefois dans le cas du bijoux, pour les Cévennes et le Bas-Languedoc du moins, lorientation vers le bas, ailes déployées de la colombe fait davantage penser à la signification néo-testamentaire. Le nom enfin de ces bijoux appelés "Saint-Esprit" dans les textes anciens (XVIIIe siècle pour ce qui nous concerne) est sans ambiguïté. De façon très exceptionnelle cependant, on peut rencontrer dautres noms pour les désigner. Il nous a été signalé un contrat de mariage de 1781, établi par un notaire nîmois, mais concernant des familles de la région de St-Ambroix, portant mention, avec des boucles dargent, dun pigeon dor.Ces bijoux ont des formes diverses et variées. Sur certains, au relief prononcé, figurent tous les détails, y compris bec et plumes, dautres restent beaucoup plus schématiques, tandis que dautres encore sont ornés de pierreries serties sur le corps et les ailes de la colombe. Ces derniers modèles complétés par des larmes dor, des grenats ou des rubis sertis suspendus au bec et aux extrémités des ailes, semblent plus spécifiques du Velay réputé pour son art lapidaire, et ont connu une grande vogue dans la première moitié du XIX e siècle.Dans le Tresor dóu Félibrige Mistral définissait ainsi le "Sant Esprit : parure en or usitée chez les femmes du Limousin". Par ailleurs on le trouve décrit en Cévennes, en Languedoc, mais aussi en Normandie, en Auvergne et tout particulièrement en Velay dont il est même une spécialité. Il est donc clair que ce bijou nest pas spécifiquement protestant, et quil a largement été usité en pays catholiques. Il nen reste pas moins vrai quil a été adopté chez les protestants et quen Cévennes et Bas-Languedoc il devint symbole dappartenance au protestantisme comme le montre explicitement le règlement de lévêque Becdelièvre déjà cité, qui exigeait des nouvelles converties un certificat de vente de leur "Saint-Esprit" à un orfèvre et le port dune croix latine au cou. Un peu plus tardivement, le très catholique Boiffils de Massanne, décrivant les campagnards de la région de Sumène, signale en 1828-1830, parlant du costume des femmes le dimanche: (7). On peut sinterroger sur lépoque dapparition de ce bijou dans nos régions en tant que spécificité protestante. La question reste, me semble -t-il, sans réponse certaine. Un texte, souvent cité par les différents auteurs ayant travaillé à lhistoire de la croix huguenote (8), nous apporte quelques précisions. Il sagit du manuscrit de labbé Valette, curé de Bernis (9), qui nous renseigne sur linvention de lorfèvre nîmois Maistre ou Maystre. Ce dernier aurait imaginé vers 1688 la croix huguenote dans sa version croix de Malte et Saint-Esprit:
Labbé Valette semble voir un lien de cause à effet entre le mouvement quon a appelé "prophétisme" et la mode de lusage des bijoux nommés "Saint-Esprit". Ce mouvement sest manifesté à lépoque des prédicants, sous-jacent en Cévennes dès la Révocation, il prend corps en Dauphiné, en 1687, par le biais dune jeune bergère inspirée : Isabeau Vincent. Samplifiant, il passe en Vivarais, puis en Cévennes, où quelques années plus tard il a engendré le soulèvement Camisard. De nature mystique, il a mis en exergue la personne de lEsprit Saint, le Consolateur et le Conducteur, qui se manifeste de manière visible ou non, inspirant les croyants dans leurs paroles et leurs actes. La référence à lEsprit Saint et à son uvre est tellement permanente chez les huguenots de cette époque que lhypothèse de labbé Valette paraît très pertinente. Les auteurs qui ont abordé ce sujet se rallient généralement à cette idée, ainsi Claudette Joannis écrit-elle: (11). Par ailleurs labbé Valette donne à penser que linvention des "papillons", plus récente que celle des Saint-Esprit ou des croix huguenotes, est proche de lépoque à laquelle il écrit sa relation, à savoir le milieu du XVIII e siècle (12). Retour au sommaire
Elle est ainsi nommée car elle fut choisie comme insigne des chevaliers de lordre de Malte, successeurs des hospitaliers de St-Jean-de-Jérusalem. Comme telle, elle est bien connue en Cévennes car gravée sur les bornes marquant les limites des nombreux tènements que possédait lordre dans ce pays. En 1578, Henri III fondait lordre du Saint-Esprit, réservé aux seuls catholiques, dont linsigne était une croix de Malte aux huit pointes boutonnées, cantonnée de fleurs de lys, avec en son centre une colombe ailes déployées, tête orientée vers le bas. En 1693, Louis XIV fondait lordre de Saint-Louis, destiné à récompenser la valeur militaire, dont les protestants étaient aussi exclus. Lemblème différait du précédent par le motif central. Louis XV enfin instituait le Mérite Militaire, destiné à récompenser des officiers protestants, mais de nationalité étrangère. Linsigne, toujours une croix de Malte, différait lui aussi par son motif central. Certains auteurs ont voulu voir un lien entre linsigne de ces ordres, plus particulièrement celui du Saint-Esprit, et lusage de la croix de Malte par les Réformés, exclus des ordres créés par le roi, mais au bénéfice de la Nouvelle Alliance scellée par le sang de Christ, sous la conduite de lEsprit Saint. Pour ces auteurs, la croix huguenote, formée dune croix de Malte boutonnée, cantonnée de fleurs de lys à laquelle est suspendu le trisso, larme ou ampoule suivant les interprétations, serait du XVII e siècle, lorfèvre Maistre ayant inventé vers 1688 le modèle où la colombe du Saint-Esprit est substituée au trisso(13). Il convient de rappeler ici que la croix de Malte (bijou) na pas été portée que par des protestantes. Ainsi dans la Provence catholique voisine et plus particulièrement en pays dArles, les femmes pouvaient porter au cou une parure en forme de croix de Malte dor ou démail blanc, quelquefois noir, appelée Maltaise (14). La même croix de Malte ornait aussi parfois le médaillon suspendu au bracelet en forme de jonc appelé Coulas. Une toile du XVIIIe siècle, dAntoine Raspal, intitulée : Portrait de jeune fille en ancien costume dArles, montre bien ce type de coulas et surtout une maltaise composée dune croix de Malte émaillée blanche à laquelle est suspendu un médaillon dor, parure correspondant à la badine décrite par Mistral (cf. supra).La croix de Malte a pu aussi être portée sans pendentif (sans larme ni colombe) comme le montre le tableau dune protestante nîmoise de la seconde moitié du XVIIIe siècle, conservé à Vébron chez Jacques Poujol. Il est donc difficile de déterminer ce que recouvre lexpression "croix de Malte" dans les anciens actes. Sagit-il dune simple croix de Malte sans pendentif ou dune croix huguenote? Et dans ce dernier cas, de quel type est-il question, ampoule ou Saint-Esprit ? La croix de Malte enfin a pu être gravée aux chatons de bagues comme le rappelle Claudette Joannis: Dans le Dauphiné, pour se distinguer des catholiques, les femmes protestantes portaient la croix huguenote à huit pointes terminée par une larme ou une petite colombe ainsi que des bagues gravées au chaton dune croix de Malte (15) .Les bijoux nont pas lexclusivité de lusage de croix de Malte, voire de croix huguenotes. Ces symboles entrent fréquemment dans larsenal décoratif du mobilier. Marquetée ou sculptée, la croix de Malte est souvent, en Languedoc et ailleurs, le motif central de meubles, armoires, secrétaires, bureaux dos dâne... Sa fréquence sur des traverses hautes darmoires est forte en Cévennes. Le Musée des Vallées Cévenoles en possède deux exemples, dont une armoire provenant du Bougès (voir 4ème de couverture), ayant en outre, à sa traverse inférieure une fleur qui nest autre quune colombe du Saint-Esprit à peine déguisée. Jen ai aussi vu une à St-Etienne-Vallée-Française, de très belle facture, incontestablement du XVIII e siècle, dont la traverse haute portait une croix de Malte, la basse une colombe du Saint-Esprit. Par ailleurs dans les années 1950, un journal publiait une photo représentant une traverse basse darmoire ou de bahut, apparemment du XVIIIe siècle, des Basses Cévennes ou de la plaine languedocienne, dont le motif central est une schématique corbeille doù partent des branches feuillues et fleuries dont certaines fleurs sont des croix de Malte, dautres des Saint-Esprit (16).
Croix latines ou huguenotes, badines et "Saint-Esprit" se portaient en pendentifs au cou, accrochés à une chaîne dor ou le plus souvent à une ruban de velours de soie noir serré par un "coulant" ou "glissant" voire "glissoir" dor, généralement en forme de coeur. Retour au sommaire
Le notariat constitue une source dinformations non négligeable en matière de bijoux. Par lintermédiaire de Monsieur Chassin du Guerny nous avons eu accès à une transcription du notariat complet de St- Jean-du-Gard. Nous avons pu lanalyser et en tirer quelques enseignements à propos de lusage des bijoux à caractère religieux . Il est clair que ces enseignements ne concernent que la communauté de St-Jean-du-Gard et quil conviendrait délargir la démarche à dautres communautés voisines pour en tirer des conclusions plus générales. Par ailleurs ces données issues du seul notariat ne sont pas exhaustives, elles ne permettent en aucun cas de cerner totalement lusage de ces bijoux, et plus particulièrement den situer la première apparition. En revanche elles fournissent des renseignements très précieux quaucune autre source na permis dappréhender. Plus précisément cest dans les contrats de mariage, au descriptif de la dot, que ces bijoux se rencontrent le plus ; à un degré bien moindre et presque accidentellement, on en trouve trace aussi dans les testaments et les inventaires après décès.
A la fin du Moyen-Age, les dots sont généralement exprimées en monnaies sonnantes et trébuchantes et en robes. Vers le milieu du XVI e siècle, dautres effets ("linceuls" , couvertures, nappes, serviettes...) font leur apparition, puis des biens fonds et des objets mobiliers (lits et coffres, étains...) qui se systématisent dans la première moitié du XVIIe (tout en pouvant être complété par des "cabaux": outillage et bétail) tandis que les robes disparaissent. Les premiers bijoux se rencontrent de façon exceptionnelle à la fin du XVIe, il sagit surtout de chaînes dor ou de ceintures dargent. Dans la deuxième moitié du XVIIe ce sont les bagues lisses ou garnies de pierres qui se généralisent, alors que les claviers (17) dargent ne deviendront communs quau cours de la première moitié du XVIIIe. Les bijoux à caractère religieux napparaissent dans les dots de mariage que vers 1720, leur fréquence progresse dans les années 40, pour connaître un apogée entre 1775 et 1790.Entre 1700 et 1793, sur 3100 contrats analysés 300 (chiffres ronds), soit 10% environ, font état de bijoux religieux. Le bijou religieux nest que rarement mentionné seul, il est associé à dautres bijoux, bagues ou claviers, et dans la majeure partie des cas on trouve les trois ensemble. La valeur estimée en numéraire est souvent mentionnée globalement, de façon beaucoup plus rare séparément. Notons enfin que de façon très fréquente ces bijoux appartiennent en propre à la jeune fille, comme actif de son travail, "de son industrie" comme il est précisément écrit. Parfois la transmission de mère à fille est précisée. Ces bijoux religieux (exception faite peut-être de la croix latine) se trouvent indifféremment dans toutes les classes sociales (bourgeois, ménagers, commerçants, tisserands, faiseurs de bas, peigneurs, "brassiers", travailleurs de terre à la journée...), y compris les plus pauvres, tout au moins dans les périodes de grande fréquence. Même si la proportionnalité de la répartition des bijoux ne reflète pas exactement la réalité sociale, les classes défavorisées restent tout de même massivement représentées. Il semble néanmoins que, dans la période suivant de près lintroduction de ces types de bijoux dans le notariat (mais il faudrait y regarder de plus près), on les trouve en priorité chez les notables.
Quelques exemples:
7 février 1745. Contrat de mariage entre André Roux maître teinturier fils de ... dAnduze, et Elizabeth Gibert... dotée de 400 livres données par ses parents et aussi de son chef porte 1000 livres, un grand cabinet bois noyer, un crochet dargent, deux bagues or et une badine dor le tout estimé 100 livres quelle a gagné de son industrie... AD30 2-E-58/485. 27 juillet 1748. Contrat de mariage entre Jean Aurès tisserand fils de ... de St-André-de-Valborgne et Marie Berty fille de ... du Vignal paroisse de St-Jean-de-Gardonnenque, elle porte 150 livres outre son clavier de valeur 36 livres, un Saint-Esprit dor avec glissoir 15 livres, et deux bagues 20 livres ... AD30 2-E-58/485. 20 février 1780. Contrat de mariage de Jacques Gout fils de ... faiseur de bas de St-Jean-de-Gardonnenque et Jeanne Ramadier fille de feu François Ramadier et ..., dotée par sa mère de 60 livres, un chaudron, et une croix de Malte dor valeur 22 livres... AD30 2-E-58/560. 13 avril 1778. Contrat de mariage entre Antoine Rodier journalier travailleur de terre, fils de ..., de St-Etienne-de-Valdonez, diocèse de Mende et à St-Jean-de-Gardonnenque depuis plusieurs années et Marie-Anne Sanguinède fille de ..., se constitue tous ses biens dont 70 livres pour valeur dun clavier dargent, une croix et une bague dor... Retour au sommaire
Cest en 1719-1720 quon rencontre les premiers à St-Jean-du-Gard. Ils se développent dans les années 1730, et connaissent leur fréquence maximale entre 1765 et 1770. Sur lensemble de la période, nous en avons repéré 167 soit 55,66% de lensemble des bijoux religieux. Sept dentre eux sont associés à un glissoir: - il est fait état de trois "glissoir au Saint-Esprit", - aussi de trois "Saint-Esprit avec son glissoir", - dans un cas il est dit "un Saint-Esprit et Glissoir", - on a rencontré aussi sur lensemble deux glissoirs seuls. Dans la majeure partie des cas le métal dans lequel le Saint-Esprit a été fait est précisé: il sagit exclusivement de lor. Leur valeur est rarement mentionnée indépendamment dautres effets, elle est variable suivant lobjet: 10, 12, 15 et 20 livres. Retour au sommaire
Nous en avons dénombré 64 (21,33% du corpus) entre 1745 et 1793, dont 2 dans des testaments et 1 dans un inventaire après décès. Cest entre 1770 et 1780 quelles sont les plus fréquentes. - deux de ces badines étaient dites "montées de diamants", - une était dite "avec pierres", - une était dite "croix badine", - une autre "croix badine de diamant" son prix de 500 livres. - deux de ces badines étaient associées (outre bagues, claviers...) à un Saint-Esprit - un létait à 1 croix dor - un autre à une croix de diamants. Leur valeur varie de 10 à 30 livres ou beaucoup plus (500 l.) pour certains bijoux moins communs. La majorité de ces bijoux sont dits être en or. Cependant les badines dont les axes sont cruciformes ainsi que les papillons que nous connaissons sont plutôt en argent associé à des pierres incolores. On peut se demander si les badines ou branlantes, suivant lexpression de Boissier de Sauvage (cf. supra) dont le métal est lor, ne sont pas des "Saint-Esprit" rehaussés ou non de pierreries (grenats ou rubis) et dotés de trois larmes mobiles suspendues aux ailes et au bec. Il semble que les badines puissent appartenir indifféremment aux protestantes comme aux catholiques. Les mentions "croix badines" ou celles les associant avec des croix latines sont révélatrices dappartenances catholiques. En revanche, quand elles sont associées avec des "Saint Esprit", on est certainement en présence dun milieu protestant. Elles peuvent être dune grande valeur et appartenir aux milieux les plus aisés. Nous avons déjà fait un constat identique pour les régions voisines, Languedoc et Provence. Mentionnons toutefois une différence: le terme "papillon" na pas été relevé une seule fois dans le notariat de St-Jean-du-Gard. Retour au sommaire
Elles napparaissent quen 1756, et ne sont que 26 soit 8,66% seulement de notre corpus. Lune dentre elles a été repérée dans un testament. - sept sont garnies de pierres ou diamants. - une repérée en 1769, garnie de diamants, se trouve dans une famille protestante, les Mazelet seigneurs de la Baume, paroisse de Peyrolles. - neuf dentre elles, soit 35%, correspondent à des contrats dont un des conjoints au moins est étranger aux Cévennes et originaire dun diocèse catholique (St-Flour en Auvergne, diocèse de Mende, de Rodez, de Lyon...). Le fait quune de ces croix de grande valeur appartienne à une protestante nest pas pour surprendre. Le témoignage du curé de Bernis (cf. supra) rapporte la même chose dans la plaine languedocienne. Retour au sommaire
La première mention de croix de Malte à propos dun bijou est de 1701. Il sagit de ...bagues, lune turquoise lautre croix de Malte. Il ne peut y avoir derreur dinterprétation ou de lecture, car ce contrat de mariage a été établi deux fois chez deux notaires différents et la formule est identique. Ce type de bague est présenté pour le Dauphiné comme dorigine protestante (cf. supra). Les 43 autres mentions (dont une dans un inventaire après décès) représentent 14,33% du corpus, et se situent entre 1770 et 1793, avec une forte densité de 1775 à 1790. Toutes celles dont le métal est précisé sont en or. Une est mentionnée "croix de Malte avec son coulant" (1785), Deux sont mentionnées "croix de Malte avec son coeur" (1785-1787), Une autre hors période (1799) est mentionnée "croix de Malte dans son glissoir". Comme tous les bijoux religieux, elles sont généralement associées à dautres bijoux: - huit sont seules, - six sont avec une ou deux bagues, - sept sont avec un clavier dargent, - deux sont avec des boucles dargent, - vingt sont avec bagues et clavier. Leurs valeurs sont variables: 7, 12, 13, 16, 22 livres... (les bagues de 6 à 12 livres, les claviers de 30 à 40 livres). Rien ne permet de préciser sil sagit de croix de Malte seules ou bien de croix de Malte complétée dune colombe ou dune larme. Retour au sommaire
4 - Fernand BENOIT, La Provence et le Contat Venaissin, Arts et traditions populaires, Aubanel, 1975. Retour au texte 5 - Article de Dominique SERENA in Claudette JOANNIS, Bijoux des régions de France, Flammarion, 1992. Retour au texte 6 - Pierre BOURGUET, La croix huguenote, Les bergers et les mages, s.d., 62 p. Retour au texte 7 - JMI BOIFFILS DE MASSANNE, Souvenirs de mon temps, 1824-1900, première partie 1824-1842, p. 17, manuscrit conservé aux AD30, diffusion en photocopies par L.C.C., 1985. Retour au texte 8 - Albert DOUMERGUE, op. cit., Pierre BOURGUET, op. cit.. Retour au texte 9 - Abbé VALETTE, Histoire des Prophètes des Cévennes, 1754-1761, 2 vol. manuscrits conservés à la Bibliothèque municipale de Nîmes (Médiathèque), N° 13848. Retour au texte 10 - Aujourdhui rue de lHôtel de Ville. Retour au texte 11 - Claudette JOANNIS, op. cit. Retour au texte 12 - Philippe JOUTARD, dans la bibliographie de la Légende de Camisards (Gallimard, 1977), situe le manuscrit de labbé Valette en 1754-1761. Retour au texte 13 - Cf. supra. Retour au texte 14 - Fernand BENOIT, op. cit. Retour au texte 15 - Claudette JOANNIS, op. cit. Retour au texte 16 - Malheureusement la coupure de journal provenant des archives du pasteur Gaston Cadix ne porte pas les références de la publication (sans doute un quotidien) et la légende daccompagnement sous le titre Lébéniste huguenot résistant ne fournit aucune précision sur lorigine ou la localisation de ce meuble. Retour au texte 17 - Clavier, clavèr en occitan, est le crochet garni d'une chaîne que les femmes portaient à la ceinture et qui originairement servait à suspendre les clefs des coffres et armoires. A la fin du XVIIIe siècle, début du XIXe siècle il ne servait plus qu'à attacher les ciseaux. Retour au texte
|
|
Cette page a été mise à jour le 05/11/00. © LCC - 1999 - 2002. Pour toute remarque sur ce site, merci de contacter le webmestre |